Le Tribunal fédéral suisse a condamné définitivement l’islamologue Tariq Ramadan à trois ans de prison, dont un an ferme pour viol. La juridiction a rejeté, jeudi, le recours contre la condamnation en 2024 pour «viol et contrainte sexuelle prononcée par la Cour de justice genevoise». Selon l’AFP, les avocats de l’homme de 63 ans ont annoncé saisir la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), pour ces faits qui remontent à 17 ans. Le mis en cause sera encore jugé, en mars prochain en France, pour des viols commis sur trois femmes, entre 2009 et 2016.
Tariq Ramadan avait été acquitté en première instance à Genève, avant d’être condamné en appel. Ce deuxième verdict, désormais confirmé par la plus haute juridiction helvétique, constitue ainsi la première condamnation de l’islamologue pour des faits de viol. Dans un communiqué transmis à l’agence de presse française, la défense dit prendre acte de cette décision qu’elle conteste. «Cette vérité judiciaire n’entame en rien la vérité soutenue par M. Ramadan, même si elle ne la consacre pas», ont indiqué ses avocats, Me Yaël Hayat et Me Guerric Canonica.
Pendant le procès, Tariq Ramadan a nié les faits reprochés et a plaidé l’acquittement. De leur côté, les avocats Véronique Fontana, François Zimeray et Robert Assaël, représentants de la plaignante, estiment que la décision du Tribunal fédéral est «la fin d’une longue épreuve et d’un long combat judiciaire». Selon eux, leur cliente «a mené ce combat dans la discrétion et sans haine, avec une dignité exceptionnelle».
Les faits remontent à 2008, mais la victime n’a porté plainte que dix ans plus tard, encouragée par les actions en justice menées par des femmes en France en 2017. À Genève, la plaignante a soutenu avoir été «soumise à des actes sexuels brutaux accompagnés de coups et d’insultes», dans la nuit du 28 octobre 2008, dans la chambre de l’hôtel Tariq Ramadan séjournait.
Le verdict s’est finalement fondé sur des témoignages, des certificats et des avis d’experts concordants avec les faits incriminés. À ce titre, le Tribunal fédéral souligne que Tariq Ramadan «ne parvient pas à démontrer l’arbitraire dans l’appréciation» faite par la justice suisse «des déclarations des témoins et des constatations médicales».