Au grand dam du Polisario et de ses alliés au Parlement européen, la Commission européenne a choisi de ne pas condamner les récentes expulsions de journalistes espagnols du Sahara occidental, ordonnées par les autorités marocaines. La haute représentante de la Commission européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, a préféré répondre de manière générale à une question écrite de l’eurodéputée espagnole Ana Miranda.
«L’UE réaffirme l’importance de défendre et de protéger le droit à la liberté d’expression, ainsi que tous les droits humains, tout en défendant leur universalité.»
Kaja Kallas
Dans des termes prudents, la cheffe de la diplomatie européenne a souligné que «le renforcement de la liberté des médias et la garantie de la sécurité des journalistes demeurent des priorités essentielles pour l’action extérieure de l’UE». L’Estonienne a également affirmé que «le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux est un élément central de l’Accord d’association UE-Maroc, qui constitue le socle des relations entre l’UE et le Maroc».
Elle a ajouté que «les questions relatives aux droits humains, notamment la liberté d’expression et la liberté des médias, sont abordées lors d’échanges réguliers avec les autorités marocaines et les organisations de la société civile», sans rentrer dans les détails.
Dans sa question écrite, soumise le 10 février à Mme Kallas, l’eurodéputée espagnole Ana Miranda attendait des mesures de la Commission européenne pour «faire face» aux expulsions de journalistes espagnols décidées par le Maroc.
Depuis le début de l’année, les autorités marocaines ont interdit l’accès au Sahara occidental à trois journalistes espagnols. La dernière expulsion a eu lieu le samedi 29 mars à Laayoune.