Au grand dam du Polisario et de ses soutiens en Europe, l’eurodéputée Rima Hassan persiste et signe. «Je ne peux accepter que la situation des peuples palestinien et sahraoui soit la même», a-t-elle affirmé dans une interview accordée à un média ibérique. Pour appuyer ses propos, la Franco-palestinienne met en avant des faits concrets.
«La première concerne l’objectif génocidaire : nous assistons à une tentative d’effacement physique du peuple palestinien par une colonisation qui tue quotidiennement et des bombardements incessants de civils depuis près de deux ans. Le conflit du Sahara, quant à lui, est gelé et non résolu. La deuxième différence réside dans la nature du conflit. J’ai évoqué la dimension régionale pour souligner que la Palestine subit une colonisation inscrite dans un programme colonialiste impérialiste occidental, ce qui n’est pas le cas du Sahara». Un sérieux revers pour le narratif du Polisario et de l’Algérie.
Elle explique également que «la Cour internationale de Justice reconnaît l’existence de liens historiques, culturels et juridiques avec le Maroc, ce qui n’est pas le cas pour les Palestiniens et les Israéliens». C’est suite à cet avis de la CIJ, rendu le 16 octobre 1975, que le roi Hassan II avait lancé le même jour l’organisation de la Marche verte pour récupérer le Sahara.
Rima Hassan s’inscrit ainsi en faux contre la version du Front Polisario et de l’Algérie, qui persistent à établir un parallèle entre l’occupation israélienne de la Palestine et la présence du royaume au Sahara.
Rima Hassan a ignoré le Polisario
Dans cette interview, l’eurodéputée ne s’est pas montrée favorable à l’organisation d’un référendum au Sahara. Elle a même éludé le sujet du Polisario. «Dans mon texte, j’ai écrit que le référendum n’a pas eu lieu, contrairement aux recommandations de l’ONU. Si cette solution échoue en raison de la difficulté de former le corps électoral, des négociations directes avec le peuple sahraoui devraient être envisagées. Je soutiens l’idée que le peuple sahraoui puisse s’exprimer, soit par référendum, soit par des négociations avec le Maroc et l’Algérie.»
Ces propos n’ont pas convaincu le journaliste du média espagnol. En tentant d’obtenir une déclaration de Rima Hassan conforme à la version du Polisario et de l’Algérie, il lui a demandé si «le Sahara est dans un processus de décolonisation en cours». L’eurodéputée a esquivé cette question-piège. «Ce qui m’intéresse, ce sont les solutions. De la même manière que les Palestiniens, bien que colonisés, sont désormais contraints de négocier avec les Israéliens, que ce soit pour deux États ou un État binational, le peuple sahraoui, quant à lui, doit être consulté et pouvoir négocier directement avec le Maroc.» Une fois de plus, la Franco-Palestinienne a évité de mentionner le Polisario, préférant parler du «peuple sahraoui».
Cette omission a fini par agacer le journaliste du média espagnol. «Soutenez-vous le Front Polisario ?», lui a-t-il lancé. «Je n’ai pas d’opinion sur le Front Polisario. Le conflit est en réalité gelé. Nous devons avancer dans les négociations et reprendre le dialogue. À mon avis, il n’y a pas de solution militaire», a répondu Mme Hassan. Une critique à peine voilée sur la reprise des armes annoncée par le Polisario le 13 novembre 2020.
L’eurodéputée s’est montrée prudente en abordant le plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental. «Il ne m’appartient pas de trancher cette question ni de parler au nom des Sahraouis. Des négociations doivent d’abord être menées avec le peuple sahraoui et le Maroc, sous l’égide des Nations Unies, pour parvenir à un accord», a-t-elle précisé.
Elle s’est dite confiante que «le renouveau des relations entre le Maroc et l’Algérie peut ouvrir une fenêtre de progrès sur la question du Sahara». Pour rappel, le roi Mohammed VI a invité les responsables algériens au dialogue, le 29 juillet à l’occasion de la fête du Trône.