Le président Donald Trump a dévoilé mercredi une nouvelle politique commerciale mondiale, instaurant de nouveaux tarifs douaniers sur les importations aux États-Unis. Le Maroc sera concerné par le tarif de base à 10 %, alors que d’autres pays se verront appliquer des taux allant jusqu’à 50 %.
Bien que cette politique vise principalement la Chine, l’Union européenne et le Canada, elle aura également des répercussions sur les échanges commerciaux entre le Maroc et les États-Unis, déjà marqués par d’importants déséquilibres commerciaux.
Un excédent commercial américain
Le Maroc et les États-Unis ont signé un accord de libre-échange le 15 juin 2004, entré en vigueur le 1er janvier 2006, qui a dynamisé le commerce bilatéral. Depuis, les échanges entre les deux pays sont passés de 1,3 milliard de dollars en 2006 à 7,2 milliards de dollars en 2024. Toutefois, les exportations américaines vers le Maroc accaparent l’essentiel du commerce entre les deux pays.
Selon le Bureau du représentant américain au commerce (USTR), l’excédent commercial des États-Unis avec le Maroc a atteint 3,4 milliards de dollars en 2024, contre seulement 35 millions de dollars en 2005. Comparé à 2023, l’excédent a cru de 57,1 % (1,2 milliard de dollars).
Dans le détail, les exportations américaines vers le Maroc en 2024 se sont élevées à 5,3 milliards de dollars (+37,3%). En revanche, les importations américaines depuis le Maroc ont atteint 1,9 milliard de dollars (+12,3%).
En 2023, les États-Unis ont exporté pour 3,8 milliards de dollars vers le Maroc, tandis que le Maroc n’a exporté que 1,6 milliard de dollars vers les États-Unis. Les principales exportations américaines vers le Maroc cette année-là comprenaient le gaz de pétrole (1,73 milliard de dollars), les briquettes de charbon (1 milliard de dollars) et les pièces d’avion (856 millions de dollars). Quant aux exportations marocaines vers les États-Unis, elles incluaient des dispositifs à semi-conducteurs (222 M$), des véhicules automobiles et pièces (152 M$) et des engrais minéraux ou chimiques mélangés (117 M$).
Un écart croissant
L’écart entre les exportations américaines et marocaines continue de se creuser. En janvier 2025, les États-Unis ont exporté pour 490 M$ vers le Maroc et importé seulement 135 M$, générant un excédent commercial de 355 M$.
En janvier 2025, les principales exportations américaines vers le Maroc incluaient le gaz de pétrole (62,2 M$), les briquettes de charbon (55,1 M$), les pièces d’avion (50,6 M$), la farine de soja (32,8 M$) et le pétrole raffiné (24,1 M$). Du côté des importations, les principaux produits provenant du Maroc étaient les agrumes (24,3 M$), les véhicules automobiles et pièces (15 M$), les dispositifs à semi-conducteurs (13,1 M$), les engrais phosphatés (10,7 M$) et le poisson transformé (10,2 M$).
Le déséquilibre commercial persistant entre le Maroc et les États-Unis est considéré comme un frein au plein potentiel de l’accord de libre-échange entre les deux pays. Une analyse du Washington Institute for Near East Policy sur cet accord, vingt ans après sa signature, souligne que le déficit commercial du Maroc avec les États-Unis était inférieur à 1 milliard de dollars en 2006, mais a augmenté pour atteindre environ 1,8 milliard de dollars en 2023.
La récente décision de l’administration Trump pourrait encore aggraver le déficit commercial du Maroc malgré l’accord de libre-échange américano-marocain.