Rendu en première instance en 2021, confirmé en appel puis approuvé par l’avis de la Cour de cassation en 2024, un jugement contre un enseignant reconnu coupable de pédophilie sur ses élèves dans la province de Figuig est finalement exécuté. Depuis des mois, cinq familles des victimes dans la commune de Beni Tadjit ont adressé une lettre ouverte au président du Ministère public et au procureur général près la Cour d’appel d’Oujda à cet effet. Impliqué dans des agressions sexuelles sur des mineures au sein d’un établissement scolaire, l’individu en question a finalement été appréhendé.
Le professeur de français a initialement été condamné en 2021 à trois ans de prison. Ce verdict a été confirmé par la Cour d’appel d’Oujda. Avec l’arrêt de la Cour de cassation à Rabat, il est devenu définitif et exécutoire à partir de juin 2024. Cependant, l’accusé est resté en liberté. En l’espèce, les familles plaignantes ont fait part de leur mécontentement. Décrivant «un scénario difficile à comprendre pour les victimes et leurs proches», ils ont souligné précédemment auprès de Yabiladi la «souffrance psychologique et sociale» endurée à la suite des faits.
Houcine Boukheddou, le père de l’une des victimes, a déclaré à notre rédaction que le 12 août dernier, le mis en cause «s’est rendu à la gendarmerie de Beni Tadjit pour une démarche administrative». «Lors du processus d’identification, l’homme s’est avéré être recherché, ce qui a donné lieu à son arrestation immédiate et à son transfert à la prison d’Oujda», a ajouté le plaignant.
La souffrance psychologique des victimes est encore là
Les faits remontent à octobre 2019, lorsque l’affaire a été révélé publiquement après que sept familles ont saisi la justice. Selon les plaignants, leurs filles, âgées de 8 à 9 ans et en troisième année du primaire, avaient été agressées sexuellement et harcelées par leur enseignant. Après le retrait de deux plaintes, cinq familles ont continué les poursuites.
Selon la décision rendue en 2021, l’enseignant accusé demandait aux élèves de répondre à des questions au tableau, en classe. Profitant de cette proximité, il faisait subir des attouchements sexuels aux victimes. Commentant les récents développements, Houcine Boukheddou estime que «la peine de trois ans reste minime par rapport à la gravité des faits», mais que les familles sonts soulagées par cette arrestation».
«Nous aurions voulu une peine plus sévère. Nous essayons d’oublier, mais c’est impossible, tant pour les parents que pour les enfants victimes. La blessure est toujours profonde, après les crimes que l’accusé a commis contre nos filles.»
Houcine Boukheddou
Le père a ajouté que sa fille, désormais âgée de 13 ans, souffre encore de séquelles psychologiques, surtout que la famille a rencontré de nombreuses difficultés pour accéder à une assistance et un accompagnement pérenne, vu qu’elle réside dans une ville éloignée.